« Écoute, écoute, regarde » Ce regard je le porte souvent sur la nature et sur le temps qui file. Depuis toujours, j’aime pêcher la truite dans les ruisseaux, marcher dans les sillons des labours, sentir le trèfle d’odeur, voir les récoltes d’automne, m’asseoir sur une balle de paille en regardant les vaches, les moutons, les chiens et les chats, mais par-dessus tout, j’aime percevoir l’étincelle dans les yeux des humains. On dit que les yeux sont le miroir de l’âme, ceux des gens que j’aime m’habitent.
En 1953, naissait le plus beau bébé de Buckland, selon mon père; à mon grand regret, je dois admettre que nous n’étions pas très nombreux. Quelques années plus-tard, en 1964, nous sommes déménagés en ville à Lévis, ce fut la révolution. Elle commença par la lumière dans les rues, en passant par la rébellion à l’enseignement du collège jusqu’au Peace
and Love et tout ce qui s’en suivit. Après un terrible accident, j’ai descendu
le courant du fleuve pour m’établir à Cap-Saint-Ignace. J’y suis depuis 1979.
C’est en 1990, que j’ai
découvert le bonheur de tenir un pinceau. Depuis, j’ai eu la chance de connaître
de bons maîtres : Aurèle d’Entremont, Guy Lemieux et Emmanuel Garant, je les
remercie de m’avoir transmis leur passion.
Je m’inspire souvent de photos
anciennes ou de photos noir et blanc; cela me laisse plus de latitude. Du brun
terre d’ombre brûlée naissent plusieurs de mes tableaux. J’aime peindre les
personnages de mon univers mais je n’ai aucune ligne directrice si ce n’est que
le plaisir. On m’a déjà dit que mes tableaux avaient une âme, j’aimerais bien
arriver à leur en donner une, du moins une parcelle.
À chacun ses fantaisies, voici
les miennes.