J’ai toujours aimé barbouiller, dessiner, laisser mes traces un peu partout. Toute jeune, je participais à des concours de dessin en étant convaincue de gagner. Un jour, alors que j’avais 8 ou 9 ans, j’avais convaincu mes sœurs d’enjoliver le mur de briques qui entourait la porte d’entrée de notre maison avec des craies de couleurs. C’était très réussi! Je réalise que, déjà en bas âge, j’avais une vision bien particulière et que j’en arrivais toujours à interpréter les thèmes à ma façon. Ma mère a contribué à nourrir mon imagination par la peinture, le modelage et la musique.
Au cégep, où j’ai étudié en technique graphique, j’étais comme un poisson dans l’eau. J’y ai exploré la sérigraphie avec Danielle April et l’illustration avec André Morisset,
pour ne citer que ceux-là. J’ai étudié également la lithographie et l’eau forte,
la photographie et le dessin. J’aimais beaucoup mes professeurs, tous plus
merveilleux les uns que les autres. Pendant ces trois années d’études, ma mère
n’a jamais cessé de me motiver et de m’encourager. Par contre, une fois sur le
marché du travail, j’ai vite été désillusionnée : le graphisme ne convenait pas
à ma nature brouillon et à ma soif créatrice.
Je me suis donc tournée vers
une autre passion, les tout-petits. J’ai travaillé auprès d’eux pendant
plusieurs années. Je pouvais mettre à profit ma créativité en organisant avec
mes collègues de mini-spectacles. Nous improvisions décors, costumes, et
sketchs.
À 31 ans, je prends un autre
virage et je retourne sur les bancs d’école, pour faire un baccalauréat en
enseignement des arts plastiques. Le besoin de créer était si fort que je ne
pouvais faire autrement. Ma nature d’artiste reprenait le dessus. Encore là,
j’ai eu de très bons professeurs. Ils nous faisaient sortir le meilleur de
nous-mêmes pour créer des cours personnels et originaux. Toutefois, je m’étais
encore trompée puisque l’enseignement ne me convenait pas.
C’est à 40 ans que, nouvelle
mariée et maman d’une adorable fillette, j’ai senti une très forte pulsion de
voler de mes propres ailes et d’exprimer par la peinture ce que je portais en
moi d’exprimer. Et c’est la fête depuis que la peinture remplit ma vie, avec la
photographie et, depuis peu, les montages sous forme de tableaux-objets.